Librairie Pierre Saunier

Mélandri (Achille).
Lady Vénus. Ouvrage orné de 125 illustrations par Henry Somm.

Paris, Paul Ollendorff, 1884 ; in-12, demi-basane marron, dos à nerfs, tranches jaspées (reliure d'époque). 293 pp., 1 f. de table.

140 euros.

Édition originale. Mélandri est un discret de la Butte, tellement discret qu’on trouve peu de témoignages à son sujet. Outre ses travaux littéraires (et le fait qu’il savait par cœur Les Amours jaunes), il fut peintre avant d’exercer le métier de photographe, cherchant lui aussi à fixer les couleurs. On le repère au Chat-Noir, quelquefois au Soleil d’Or ou dans les brumes du Café de l’Avenir puis aux bureaux de la rédaction de Lutèce où il est très apprécié. En tout cas il connaît bien son milieu. Ses petites histoires foisonnent de personnages illustres : croquis de bohème, scènes de cabaret, d’ateliers, blagues et autres fumisteries qui font apparaître tantôt Sapeck, Allais, Goudeau, Cabriol ou Lorin, Cabaner et beaucoup d’autres. Bref, de l’atmosphère. Signalons, pour ce recueil, un conte extravagant et poétique, Les Hommes-luisants, où figure un Charles Cros tout ce qu’il y a de plus lui-même, irradiant. Lumineux et pictural : les blondes donnent une lueur rose, les brunes éclairent en flamme de punch, les rousses ont des feux verts... – Et qu’a dit Bullier ? – Rien. Il n’a pas compris. On est éteint.