Librairie Pierre Saunier

Fumeurs d’OpiumFumeurs d’Opium Fumeurs d’OpiumFumeurs d’Opium Fumeurs d’OpiumFumeurs d’Opium

Boissière (Jules).
Fumeurs d’Opium. Comédiens ambulants.

Paris, Ernest Flammarion, 1896 ; in-12, bradel demi-percaline pluie d'Annam, non ébarbé, couverture (PaulVié). 4 ff., 382 pp., table.

3 000 euros.

Édition originale. Exemplaire d’Octave Mirbeau qui a fait monter dans sa reliure la carte billet que Boissière lui adressa au sujet de son livre :

Avignon, 19 rue St Agricol. Cher maître, j’ai pris la liberté de vous envoyer, voilà dix jours, mon livre, Fumeurs d’Opium. Si par hasard, vous ne l’aviez pas reçu, seriez-vous assez bon pour le faire prendre chez Flammarion ?

Je dois à M. Daudet d’avoir pu le publier ; M. Daudet veut bien s’y intéresser, et notre grand Edmond de Goncourt, lui-même, daigna m’en louer. Personne ne parlera de ce livre, pensé ès forêt du Haut-Tonkin, pendant dix ans. Je m’en moque. Oublié de tous, ignoré du public, repartant pour l’exil, je désirerais seulement être estimé en France de quelques-uns. C’est pour cela que je vous demande de lire mon livre. En certaines pages, il est digne d’avoir Mirbeau pour lecteur. Pardon pour tant d’orgueil, et merci pour vos belles œuvres, tant lues là-bas, et relues. Jules Boissière.

Né en Provence, à Clermont-l’Héraut, en 1863, Jules Boissière fit ses débuts littéraires à Paris comme journaliste à La Justice de Clemenceau. En 1886, au moment de la parution de son deuxième recueil de poèmes, Provensa !, il s’engagea dans les troupes d’Extrême-Orient, apprit l’annamite et l’écriture chinoise, ce qui lui valut d’être engagé par le gouvernement colonial dans ses campagnes indochinoises. C’est lors d’un bref retour à Paris, en 1895, qu’il publiera son recueil de nouvelles inspirées par ses lointaines aventures.

Fumeurs d’Opium est un authentique chef-d’œuvre et certainement l’une des meilleures illustrations littéraires des mornes Génies de la pâte noire, tour à tour fantastique, effroyable, hallucinée ou totalement apaisée. … Ici j’ouvris grande la porte : – les Ténèbres, et rien de plus (E.-A. Poe, Le Corbeau – comme imprimé en exergue sur la couverture du volume.

En 1891, Jules Boissière épousa Thérèse Roumanille, ancienne reine du Félibrige. C’est elle qui assura, après sa mort survenue à Hanoï en 1899, sa renommée littéraire.

On a encore jamais vu ce livre avec un envoi de l’auteur.