Librairie Pierre Saunier

Le MagicienLe Magicien Le MagicienLe Magicien

Esquiros (Alphonse).
Le Magicien.

Paris, Dessessart, 1838 ; 2 volumes in-8, bradel toile rouge, tête or, entièrement non rogné, couverture (reliure moderne). 2 ff. & 327 & 328 pp, 1 f.

800 euros.

Édition originale.

Le Magicien est le premier roman d’Esquiros. D’une grande rareté, il est hautement apprécié et recherché par les amateurs de petits romantiques, et devrait l’être des curieux d’Isidore Ducasse. Dans son anthologie, La France frénétique de 1830, Jean-Luc Steinmetz le qualifie de seul roman fantastique important de toute cette période en France (…) peut-être un chef-d’œuvre tout court en son genre.

L’argument est celui d’un roman noir : Marie de Quéluz est au cœur d’intrigues politiques entre partisans de Catherine de Médicis et du jeune roi Charles IX. L’amour qu’elle inspire produit des effets dévastateurs. Le magicien Ab-Hakek veut la jeter dans les bras du jeune sculpteur Stell, mais lui-même en tombe éperdument amoureux et finit par se laisser mourir devant l’échec de ses visées. Marie ayant été cloîtrée par son père, Stell, qui aspirait en elle à la Femme idéale, se donne à la sensuelle sorcière Amalthée, avant d’être rendu fou par les contradictions qui l’assaillent, puis de se suicider. Amalthée meurt accrochée à son cercueil, Marie elle-même meurt dans son couvent… Bref, du solide.

Mais l’originalité est dans le déploiement des symboles et des visions des personnages d’Esquiros. Goûtez en particulier ce fameux chapitre 29 au ton maldororien où Stell se donne au diable en apostrophant la mer – si tu veux voir un abîme qui soulève une tempête plus écumante, plus profonde, plus éternelle, ô mer ! regarde au fond de moi ! –, puis erre dans Paris victime d’hallucinations : les monstres de l’Église Saint-Jacques de la Boucherie s’accouplent, les saints de pierre refusent d’échanger leur place avec sa condition d’homme, il se sent pris d’un violent amour du mal…

Exemplaire propre et lavé, couverture effrangée...