Librairie Pierre Saunier

Le Diable aux champsLe Diable aux champs Le Diable aux champsLe Diable aux champs Le Diable aux champsLe Diable aux champs

Sand (George).
Le Diable aux champs.

Paris, Librairie Nouvelle, 1857 ; 2 volumes in-12, l'un broché, sous chemise, l'autre relié, demi-chagrin rouge, dos à nerfs, non rogné, couverture, étui pour les deux. 347 pp.

800 euros.

Édition originale.

Exemplaire d’Hetzel, un des éditeurs de George Sand, qui l’a annoté sur le faux-titre, manipulé durement et en a découpé sauvagement une quinzaine de feuillets, sans doute pour alimenter une de ses publications récréatives – Hetzel a d’ailleurs consciencieusement évoqué son forfait sur le dernier feuillet du souffreteux bouquin.

Ce livre est charmant. Le public l’a goûté – écrit-il. La critique ne l’a pas même critiqué. Le succès lasse la critique, elle a une gastrite et ne s’occupe que de ce qu’elle ne connaît pas. Elle prend Fanny, Mme Bovary et laisse passer les œuvres des talents acquis sans y regarder, ou en y regardant dédaigneusement : « Bah, c’est du George Sand, c’est du Balzac ! » – et il faut que Balzac meure et que meure George Sand pour que justice soit rendue à ses (sic) dernières œuvres.

Un amateur ému par ce bel exemple d’ardeur éditoriale, a joint à ce Diable martyrisé son confrère imprimé, non émasculé, fringant même, sous une sobre chemise chagrinée rouge voluptueux – les deux compères rangés côte à côte dans un catafalque de carton marbré.