Librairie Pierre Saunier

Le Salon de 1844, précédé d’une lettre à Théodore Rousseau. Avec une eau-forte de Jeanron d’après Rousseau. – Le Salon de 1845, précédé d’une lettre à BérangerLe Salon de 1844, précédé d’une lettre à Théodore Rousseau. Avec une eau-forte de Jeanron d’après Rousseau. – Le Salon de 1845, précédé d’une lettre à Béranger Le Salon de 1844, précédé d’une lettre à Théodore Rousseau. Avec une eau-forte de Jeanron d’après Rousseau. – Le Salon de 1845, précédé d’une lettre à BérangerLe Salon de 1844, précédé d’une lettre à Théodore Rousseau. Avec une eau-forte de Jeanron d’après Rousseau. – Le Salon de 1845, précédé d’une lettre à Béranger

Thoré (Théophile).
Le Salon de 1844, précédé d’une lettre à Théodore Rousseau. Avec une eau-forte de Jeanron d’après Rousseau. – Le Salon de 1845, précédé d’une lettre à Béranger. – Le Salon de 1846, précédé d’une lettre à George Sand. – Le Salon de 1847, précédé d’une lettre à Firmin Barrion.

Paris, Alliance des Arts, 1844 - 1847 ; 4 volumes in-12, demi-chagrin marron, dos à nerfs orné, fleurons dorés, tête or (reliure d'époque). XXXVI & 144 pp., XXIII & 167 pp., XI & 218 pp., XXIX & 204 pp.

2 000 euros.

Éditions originales des Salons de Thoré – complet en 4 volumes.

Thoré est l’un des grands critiques d’art du XIXème, digne héritier de Diderot avec lequel il a de nombreuses analogies. Même verve, même humour – remarque Marius Chaumelin (l’Art contemporain, 1873) – même délicatesse de goût et même originalité de vues ; même fantaisie et même profondeur ; même sensibilité et même fougue ; mêmes attendrissements à l’endroit de l’humanité et mêmes indignations contre tout ce qui est injuste, tyrannique, hautain ou rampant. Il n’est pas jusqu’au style de l’un qui ne se rapproche du style de l’autre par la netteté, la vigueur, la rapidité, les saillies imprévues et les éclats soudains, la franchise et le sans façon.

Thoré commence à rendre compte des expositions en 1832, se rangeant d’abord sous la jeune bannière romantique. Il est l’ami et le confident des plus vaillants artistes de son temps, d’Eugène Delacroix, d’Ary Scheffer, de Diaz ou de David d’Angers, comme de Théodore Rousseau avec lequel il partage un logis durant plusieurs années.

Apôtre ardent et convaincu de la régénération permanente de l’art, affirmant que l’idéal consiste dans la manière de peindre et non pas dans le sujet, Thoré exhorte les jeunes artistes à briser les formules étroites, surannées, où se cantonne aveuglément l’enseignement officiel, criblant de ses sarcasmes les poncifs académiques, protestant sans relâche contre la reproduction servile des types, des symboles devenus inintelligibles, pour réclamer avec éloquence des œuvres conformes à la modernité.

Ami de Courbet – à qui il déclare, après le succès de sa Femme au perroquet au Salon de 1864 : allons mon cher, ton affaire est faite, parfaite, finie. Tes beaux jours sont passés, te voilà accepté, médaillé, glorifié, embaumé – Thoré est aussi un fervent défenseur du Réalisme et le premier critique d’art à remarquer et saluer les premiers tableaux des futurs impressionnistes.

Après la publication de son quatrième Salon, il prend une part très active à la Révolution de février 1848, s’impliquant, avec un désintérêt personnel, dans l’organisation du gouvernement provisoire – Lamartine insistera, en vain, pour qu’il se charge de la direction des Beaux-Arts. Le 15 mai suivant, il est un des chefs insurrectionnels du mouvement populaire qui envahit l’assemblée, manifestation qui échoue et entraîne le retour au pouvoir des conservateurs. Traqué comme une bête, il doit s’exiler en Belgique pendant que la haute cour martiale le condamne à mort par contumace. Je ne connais guère en France que deux hommes qui soient restés incorruptibles : Proudhon et Thoré, proclame alors M. de Girardin, publiciste pourtant fort éloigné des idées de notre remuant bonhomme. Thoré reste en exil jusqu’en 1861 et adopte le pseudonyme de W. Burger comme nom de plume.

A son retour en France, il reprend avec autant d’intelligence ses comptes rendus de Salons et d’expositions dans la presse, invente Vermeer, soutient les débuts de Manet – peintre de l’air impalpable – ou de Monet – quand on est vraiment peintre on fait tout ce qu’on veut ! – et remarque les premiers envois de Bazille, Degas, Pissarro ou Renoir mais il ne verra jamais la gloire de ces jeunes peintres qui attendent impatiemment les lignes qu’il leur consacre.

La mort à la veille du Salon (de 1869) nous a pris Thoré, celui d’entre nous qui s’entendait le mieux aux choses de la peinture (Castagnary).

Rare réunion des quatre principaux salons de l’auteur, dans une charmante reliure uniforme de l’époque.

Une coiffe un peu frottée.