Librairie Pierre Saunier

Le CalumetLe Calumet Le CalumetLe Calumet Le CalumetLe Calumet Le CalumetLe Calumet Le CalumetLe Calumet Le CalumetLe Calumet Le CalumetLe Calumet

Salmon (André).
Le Calumet. Poèmes.

Paris, Henri Falque, 1910 ; in-12, demi-maroquin noir à coins, non rogné, couverture conservée (Mercher). 129 pp - frontispice de Vladislav Granzow.

3 500 euros.

Édition originale.

Envoi a. s. : A Alain Fournier, amicalement, André Salmon. 1910.

En 1907, après son échec à l’École normale, Alain-Fournier devance son service militaire qu’il termine à Mirande. Libéré à l’automne 1909, il regagne Paris. Il a 23 ans et ne reprend pas ses études. Pour vivre, et grâce à la sollicitude de Charles Morice, il se voit confier à Paris-Journal une petite chronique quotidienne sur la vie et les menus faits du monde des lettres. Il se rend tous les soirs dans l’appartement exigu de la rue Notre-Dame-des-Victoires aménagé en salle de rédaction. C’est là qu’il fait la connaissance du poète André Salmon, son aîné de cinq ans et un jour, qui a en charge les questions artistiques. Fournier et Salmon partagent la même table dans le même petit bureau qu’ils occuperont ensemble deux années durant.

Nous achevions notre besogne, trois quarts de colonne pour Fournier, trois colonnes bien tassées pour moi – écrira Salmon dans ses Souvenirs sans fin (pp. 518-529). N’ayant comme moi de comptes à rendre qu’à Charles Morice quand ce cher vieux poète n’était pas complètement saoul, Alain-Fournier arrivait au journal à quatre heures tapantes ; c’est lui seul qui en avait décidé. Ponctualité ! Il travaillait lentement. La lecture des lettres trouvées dans son casier personnel lui demandait beaucoup de temps. Dans cette correspondance, les communiqués d’éditeurs, d’académies, de sociétés littéraires tenaient la plus grande place (…) sur quoi, de sa bonne écriture lisible, il commençait d’écrire la chronique littéraire, pas trop longue, tenue en tête depuis la veille. Il se relisait, corrigeait et, fort souvent, recopiait, n’aimant pas, je pense, à laisser sous les yeux de personne trace de ses repentirs. L’article fait, signé, mon camarade paraissait soulagé d’autant. Je dois dire que les brèves chroniques données par Alain-Fournier à Paris-Journal furent toutes excellentes, bien tournées, pertinentes et d’heureuse actualité.

Ce qui n’empêcha pas quelques bourdes dont l’une faillit avoir de funestes conséquences lorsque le jeune courriériste, après avoir confondu Marcel et Jacques Boulenger, se vit provoquer en duel. Témoin pour Fournier, Salmon arrangea l’affaire.

Les deux journalistes habitaient non loin l’un de l’autre et partageaient souvent l’Impériale de l’omnibus Palais-Royal-Parc-de-Montsouris. Alain-Fournier ne me parla jamais de son Grand Meaulnes, il m’a bien souvent lu ou dit de mémoire certains de ses poèmes, ces Miracles (…) des poèmes en une sorte de prose rythmée, marqués à la fois des empreintes de Francis Jammes et de Charles-Louis Philippe (…) Quelque chose de neuf pourtant, et d’une grâce fanée ; mais oui. Lorsque Jacques Rivière entraîna son ami Fournier à la jeune rédaction de la NRF, celui-ci s’empressa de proposer à Jacques Copeau Le Manuscrit trouvé dans un chapeau de son collaborateur de Paris-Journal, mais après des tergiversations qui mécontentèrent Fournier, Copeau refusa le recueil de Salmon.

Relié en fin de volume : un tapuscrit original d’André Salmon (5 ff. in-12) relatant l’histoire de la génèse et de l’édition du Calumet (…) les premiers à connaître les vers du Calumet furent mes voisins et amis : Picasso et Max Jacob, de la rue Ravignan, Pierre Mac-Orlan, de l’hôtel du Poirier, le mathématicien Princet, l’un des nourriciers du cubisme théorique, Princet actuaire, même : membre de l’Institut des Actuaires de France et qu’à Montmartre, on nommait : Princet de l’Institut. Il gîtait rue de la Barre. Le sensible René Dalize, alerté par Guillaume Apollinaire à qui j’avais porté les premiers manuscrits du Calumet, chez lui, rue Léonie, depuis rue Henner, vint tout exprès de la rive gauche prendre une livraison d’une Odelette chinoise, dédiée à l’ancien marin (…) – et plusieurs coupures de presse concernant l’ouvrage & un portrait littéraire par Francis Carco (1927).

Frontispice en noir du peintre Vladislav Granzow - Guillaume Apollinaire venait juste de signer la présentation de sa premier exposition à la Galerie Druet. 

Corrections pp. 25, 29 & 118.

Couverture restaurée.

Quant aux livres provenant de la bibliothèque d’Alain-Fournier…