Librairie Pierre Saunier

Notre JeunesseNotre Jeunesse Notre JeunesseNotre Jeunesse Notre JeunesseNotre Jeunesse

Péguy (Charles).
Notre Jeunesse.

Paris, Cahiers de la Quinzaine, 1910 ; in-12,  demi-maroquin rouge à coins, dos à nerfs, tête or, non rogné, couverture et dos (Devauchelle). 221 pp.

1 800 euros.

Édition originale.

La Révolution, la mystique républicaine, l’affaire Dreyfus, Bernard Lazare… Un des livres de Péguy les plus emblématiques et ardent – pour nous conter le monde moderne, le monde qui fait le malin.

Envoi a. s. : mardi 7 février 1911, exemplaire pour monsieur François Le Grix, ceci est une chronique. Je suis votre dévoué confrère. Charles Péguy.

En 1910, François Le Grix, apprenti journaliste à la Revue hebdomadaire, avait quelque peu malmené Péguy à propos du Mystère de la charité de Jeanne d’Arc, le traitant de modeste auteur de gloses rébarbatives. Péguy avait aussitôt répliqué en s’attaquant, non à Le Grix, mais au directeur de la Revue hebdomadaire, Fernand Laudet. Ainsi publia-t-il son célèbre Un nouveau théologien, M. Fernand Laudet – un droit de réponse devenu l’un des meilleurs livres jamais écrit sur la littérature mystique… La Vie Parisienne, revue humoristique à grand tirage, s’amusa de l’affaire :

M. François Le Grix eut le malheur, dernièrement, dans la Revue Hebdomadaire, de parler de M. Charles Péguy. Il ne savait pas à quoi il s’exposait ! Pourtant M. Le Grix ne disait pas de méchantes choses sur M. Péguy, mais il faisait remarquer, tout de même, que M. Péguy écrit mal, parce qu’en vérité, M. Péguy écrit mal … Ah ! Ça a fait du joli ! …

Dans le Bulletin des Professeurs Catholiques, un anonyme … qui signe Charles Péguy – comme dirait La Palisse – répond en 300 points à M. Le Grix. Et sa réponse ferait, presque, deux gros volumes de 3 francs 50 ! Ô concision ! D’abord, M. Péguy répond à … M. Laudet, directeur de la Revue Hebdomadaire et non critique littéraire. Il n’admet point que M. Le Grix ne soit pas M. Fernand Laudet. « Vous vous appelez M. Le Grix, lui dit-il ; donc vous êtes M. Laudet ! » Et toute la réponse est sur ce ton-là. Enfin, M. Péguy conclut avec mépris : « Tous ceux qui m’attaquent ne sont que des hérétiques. » Les chaleurs, certainement, ont incommodé M. Péguy. (Péguyniana, août 1910)