Librairie Pierre Saunier

La Ronde. Dix scènes dialoguéesLa Ronde. Dix scènes dialoguées La Ronde. Dix scènes dialoguéesLa Ronde. Dix scènes dialoguées

Schnitzler (Arthur).
La Ronde. Dix scènes dialoguées. Traduction de Rémon & Bauer.

Paris, P.-V. Stock, 1912 ; in-12, broché, témoins préservés. 278 pp.

2 500 euros.

Édition originale française.

Un des 12 exemplaires numérotés et paraphés par l’éditeur courageux, sur Hollande, seul tirage de tête.

 Chef d’œuvre de Schnitzler, La Ronde est un manège en dix actes (sexuels) où des couples se font et se défont après l’amour (seulement évoqué par des points de suspensions) dans un tourbillon érotique où le désir, le quant à soi, l’affrontement, la désillusion et le cynisme font bon ménage. A la fin de chaque saynète, l’un des partenaires du duo passe dans la saynète suivante, rencontre un nouveau partenaire qui lui-même se retrouvera dans la suivante… et ainsi de suite jusqu’à la fin des temps.

Schnitzler entreprit La Ronde en 1896 et la publia en janvier 1900, à compte d’auteur, à 200 exemplaires, pour ne pas attirer trop l’attention. Vaine discrétion : aussitôt repérée et interdite, La Ronde entraina le plus long scandale de l’histoire littéraire germanique, scandale qui alimenta en retour sa diffusion : 30 000 exemplaires imprimés par le Wiener Verlag circuleront sous le manteau dès les frimas d’avril 1900.

Il faut attendre les années 20 pour que la pièce soit jouée, d’abord à Berlin, Hambourg, Leipzig, Munich puis à Vienne. Mais là encore, malgré les interdits levés par les tribunaux, malgré les décharges que les spectateurs doivent signer au théâtre, les représentations, d’abord houleuses, dégénèrent de plus en plus violemment – après l’amour les coups de couteaux, les bombes fumigènes et des procès en cascades.... l’antisémitisme mène la danse. Schnitzler finira par interdire lui-même toute représentation de sa pièce – jusqu’à l’adaptation cinématographique magistrale de Max Ophüls, en 1950.