Librairie Pierre Saunier

Union OuvrièreUnion Ouvrière Union OuvrièreUnion Ouvrière

Tristan (Flora).
Union Ouvrière. Édition Populaire.

Paris, Pévot & Rouanet libraires (dépositaires), 1843 ; pet. in-12, broché. Chemise de chagrin long, étui. XX & 123 pp.

2 500 euros.

Édition originale − très rare − publiée en souscription.

Pagnerre avait refusé de l’éditer ; aucun autre éditeur n’en voulait. Avec beaucoup d’obstination, Flora Tristan alla quêter de porte en porte de quoi payer une édition bon marché. Je n’exagère pas en disant que j’ai fait plus de deux cents courses dans toutes les directions de Paris (et à pied). – je l’avoue, sous le rapport de la fatigue physique, je suis épuisée ; j’en suis même malade.

Il lui fallut aussi une belle force de persuasion car aucun des souscripteurs n’avait connaissance du manuscrit qu’elle allait publier − fédérer la classe ouvrière quand l’époque était plutôt au Robert Macairisme...

Soldats, femmes de ménage, écrivains, ouvrières de modes, acteurs... Un ou deux députés, quelques rentiers, quatre étudiants, un menuisier nommé Perdiguier, et des dames (pour cinq francs), Hortense Allart, Desbordes Valmore, Louise Collet ou George Sand. Eugène Sue se montra le plus généreux. Quant aux refus, ils furent nombreux, surtout parmi les amis du peuple… combien ces réceptions froides, sèches et tout à fait anti-fraternelles, m’ont causé de cuisantes douleurs. A l’exception d’un jeune anarchiste, étudiant en médecine, Ernest Cœurderoy, mais quand on porte un si beau nom…

Dos un peu éreinté, un peu décollé