Librairie Pierre Saunier

Christophe Colomb devant les TaureauxChristophe Colomb devant les Taureaux Christophe Colomb devant les TaureauxChristophe Colomb devant les Taureaux Christophe Colomb devant les TaureauxChristophe Colomb devant les Taureaux Christophe Colomb devant les TaureauxChristophe Colomb devant les Taureaux

Bloy (Léon).
Christophe Colomb devant les Taureaux.

Paris, Albert Savine, 1890 ; in-12, bradel demi-percaline rouge, pièce de titre crème gravé en noir, non rogné, couverture (reliure d'époque). VI & 222 pp.

5 000 euros.

Édition originale.

Envoi a. s. : à J. K. Huymans (sic), son ami toujours qui n’oublie ni Asnières ni Fontenay. Léon Bloy.

Huysmans a fait relier la lettre encyclique destinée à tous les évêques du monde pour les prier de plaider auprès de la Cour de Rome la cause de la béatification de Christophe Colomb, lettre que Léon Bloy publia conjointement à son livre : Illustrissime Domine ; Parisiis, 4 Octobris 1890 – plaquette de 4 pp. imprimée en latin par Savine. Faute de subsides pour l’affranchissement, elle ne fut envoyée qu’aux évêques de France et à quelques-autres de Belgique, d’Hollande ou d’Espagne. Puis, le reliquat de cette belle épître servit à Bloy de brouillon – des spécimens déployés furent même utilisés par Savine pour l’empaquetage de ses livres.

Huysmans a également fait monter le Prière d’insérer, assurément rédigé par Bloy (1 f. de 27,5 x 10,5 cm, replié) : (…) cette fois, Léon Bloy s’attaque à la nation Espagnole représentée à ses yeux par un très grand personnage d’au-delà des monts et par l’Académie Royale d’Histoire de Madrid en complicité avec ce dernier pour une « sacrilège mystification » dont le monde latin doit retentir et que dénonce audacieusement, à l’avance, le catholique sans timidité qui s’est, un jour, dénommé lui-même « le blasphémateur par amour » (…) – Bloy allait s’en prendre au Duc de Veragua, dernier descendant de l’inventeur du Nouveau Monde, qui employait son temps et sa fortune à l’élevage des taureaux destinés aux corridas, et qui, pour le quatrième centenaire de la découverte de l’Amérique, avait chargé l’Académie de Madrid d’attribuer un prix de 30 000 pesetas à l’auteur de la meilleure biographie de Christophe Colomb.

Rappelons qu’une amitié sincère, fraternelle et inconditionnelle, unissait Bloy et Huysmans. Les deux écrivains, qui s’étaient liés sous les bons hospices de Barbey d’Aurevilly, se fréquentèrent assidûment près d’une dizaine d’années. La disparition, en 1889, de Villiers de l’Isle-Adam avec lequel ils formaient un trio d’intimes, fut à l’origine de griefs qui allaient ronger irrémédiablement leurs liens. En avril 1891 – date de L’Enquête sur l’évolution littéraire de Jules Huret (dans ses réponses, Huysmans ne cita pas même le nom de son ami parmi les nombreux écrivains qui comptaient à ses yeux) – leur rupture était consommée et la guerre déclarée, une guerre surtout menée par Bloy, en une série d’articles et brochures diffamatoires dont il poursuivit Huysmans jusqu’au tombeau et au-delà.

Christophe Colomb devant les Taureaux fut le dernier livre que Bloy dédicaça à son ami.

Huysmans fit établir l’ouvrage dans l’atelier de reliure du Père Bluté de la communauté des moines de l’abbaye bénédictine de Saint-Martin, près de Ligugé.