Librairie Pierre Saunier

La Conjuration du Comte Jean-Louis de Fiesque [Par le Cardinal de Retz]La Conjuration du Comte Jean-Louis de Fiesque [Par le Cardinal de Retz] La Conjuration du Comte Jean-Louis de Fiesque [Par le Cardinal de Retz]La Conjuration du Comte Jean-Louis de Fiesque [Par le Cardinal de Retz] La Conjuration du Comte Jean-Louis de Fiesque [Par le Cardinal de Retz]La Conjuration du Comte Jean-Louis de Fiesque [Par le Cardinal de Retz]

Gondi (Jean-François Paul de).
La Conjuration du Comte Jean-Louis de Fiesque [Par le Cardinal de Retz].

S. l. n. d. (Paris) vers, , 1640 ; manuscrit in-8, veau fauve, dos à nerfs orné, double filet sur les plats, dorures sur les coupes, tranches cirées rouges (reliure d'époque). 92 ff. n. ch.

9 000 euros.

En 1547, le jeune Comte de Fiesque, ennemi juré des Doria qui gouvernent Gênes, organise un complot destiné à les renverser. Au moment où la victoire parait proche, un faux pas le perd et il se noie misérablement.

Écrit à 25 ans par le futur Cardinal de Retz, cet ouvrage n’est pas la relation impartiale d’un événement (comme la Congiura de Mascardi) mais l’apologie d’une tentative de coup d’État et de son auteur, transformé en héros. C’est évidemment pour défier Richelieu-Doria que Retz – qui s’identifie à son héros – a écrit sa version de la Conjuration au moment où parait (1639) la très plate traduction de Mascardi que J.-J. Bouchard a dédié au ministre en le couvrant de louanges hyperboliques. Et c’est encore pour braver son autorité qu’il fait faire quelques copies par un secrétaire et les met en circulation.

Notre manuscrit est l’une de ces copies ; on n’en connaît que deux autres (conservées à la BN)

Ces trois manuscrits, d’une même écriture très élégante, donnent une même version du texte, la plus authentique, celle que Retz aurait publiée alors s’il l’avait pu (deux autres copies, faites probablement à l’insu de l’auteur sur un texte encore imparfait, sont conservées à la BN et à la Mazarine).

La Conjuration ne sera imprimée qu’en 1665, vingt-cinq ans plus tard. Il est apparemment impossible de déterminer si le texte imprimé, très différent de celui des manuscrits – et très édulcoré – a été modifié par Retz lui-même ou par quelqu’un d’autre.

Quoi qu’il en soit, le texte des manuscrits est plus fort, plus convaincant, il « sonne plus juste » que celui de 1665.

Ce texte est resté inédit ou à peu près (publication partielle sous forme de variantes dans l’édition d’Oxford, 1967).

Jolie reliure en veau fauve, strictement contemporaine ; le décor du dos est de la plus grande élégance - traces de restauration ancienne en haut du premier plat.