Librairie Pierre Saunier

L'Hérésiarque & CieL'Hérésiarque & Cie L'Hérésiarque & CieL'Hérésiarque & Cie L'Hérésiarque & CieL'Hérésiarque & Cie

Apollinaire (Guillaume).
L'Hérésiarque & Cie.

Paris, P.-V. Stock, 1910 ; in-12, bradel demi-vélin vert liseron, plats de papier ventre de tortue, non rogné, couverture et dos (Stroobants). 288 pp.

4 500 euros.

Année de l'édition originale, mention de troisième édition (mais peut-être fallacieuse, les retirages portent le millésime 1911).

Bel envoi a. s. : A Luc Albert-Moreau, peintre de la volupté mystérieuse cet hérésiarque et toute sa compagnie de personnages moins bizarres que la vie même. Guillaume Apollinaire.

Luc-Albert Moreau est un jeune peintre proche de la Bande noire, de Dunoyer de Ségonzac puis de Raoul Dufy qui le présente à Guillaume aux Virgoulles, petit café du Raspail, où l’on sirote tard dans la nuit des Picon-citron. Apollinaire apprécie ses tableaux qu’il ne manque pas de mentionner dans les comptes-rendus artistiques qu’il disperse en revues.

Ainsi, en 1911, trouve-t-on Luc-Albert Moreau à la salle 43, parmi Les Jeunes Fauves (Dunoyer de Ségonzac, La Fresnaye, Marchand, Paul Véra et Lotiron) comme il les appelle, et Moreau nous montre quelques toiles expressives d’un sentiment baudelairien assez intense.

En 12, il aura ses Nymphes de la Seine dans un sentiment très moderne, et en 13 des Idoles certes plus cubistes mais toujours sensuelles.

Et quand Moreau expose aux Indépendants, Apollinaire conclut, citant la pointe d’un admirable vers de de Théodore de Banville : Luc-Albert Moreau nourrit le songe d’une peinture voluptueuse et mélancolique : il peint des corps pleins de langueur… « et tristes comme l’amour même ». 

Comme cela résonne…

Bel exemplaire, relié à l'époque.