Librairie Pierre Saunier

Ton SangTon Sang Ton SangTon Sang Ton SangTon Sang Ton SangTon Sang Ton SangTon Sang

Bataille (Henry).
Ton Sang. Précédé de La Lépreuse.

Paris, Société du Mercure de France, 1898 ; in-12, pleine soie rose bradélisée, pièce de titre gravée sur du métal argenté, ferronnerie angulaire au chiffre d'Édouard de Max, garde de soie orange sanguine, tête rose ancien, témoins et couverture conservés (reliure d'époque). XXIII & 290 pp., 1 f. (A.I.).

2 500 euros.

Édition originale.

Un des 12 exemplaires numérotés sur Hollande, seul tirage de tête après 3 Japon.

Sur la garde de la reliure : dessin original à la mine de plomb signé par Henri Bataille.

Superbe envoi a. s. : 

Merci d’avoir été triomphal ! ô de Max

Toi que je fis malgré ta voix et ton thorax

Quitter les Bajazet pour les Astyanax

Mais quel !! combien miteuse fleur d’égout, fleur d’anthrax

Qu’on devrait envoyer de suite aux eaux de Dax

Narcisse au Lysol, âme du bi-forax

Pauvre chien mort à qui l’on crie encore (???)

Merci pour Paris et pour Bruxelles idem. Ah ! qu’c’

Est donc beau d’avoir du talent ! Merci de Max.

Henry Bataille. 99

Le deuxième livre de l’auteur, après la lumineuse Chambre blanche, préfacée par Marcel Schwob.

La tragédie Ton Sang fut représentée pour la première fois au Nouveau Théâtre en 1897. Édouard de Max y tenait le rôle de Daniel – ce qui explique le dithyrambe de l’auteur.

Considéré alors comme l’un des meilleurs acteurs de son temps, de Max avait fait ses classes au Conservatoire national d’art dramatique avec, pour condisciples, Lugné Poe et Marguerite Moreno. Personnage extravagant et fascinant – un des premiers acteurs à jouer nu devant le public – de Max affichait et revendiquait son homosexualité, prenant sous sa protection Gide ou Cocteau à leurs débuts. Il ne fumait que des cigares à son nom, portait loutre et renard argenté. On ne s’étonnera donc pas de cette reliure singulière, avec sa lourde pièce de titre métallique… et son chiffre du même argent apposé sur l’angle du plat – un chiffre répété à l’encre noire sur la dernière garde.

Reste que la soie est bien plus fragile que la percaline, elle a un peu souffert des agressions du temps, avec quelques effilochages, tâches et frottements.

Sûr, ça n’est pas du Noulhax !