Librairie Pierre Saunier

La Lucarne Ovale. PoèmesLa Lucarne Ovale. Poèmes La Lucarne Ovale. PoèmesLa Lucarne Ovale. Poèmes La Lucarne Ovale. PoèmesLa Lucarne Ovale. Poèmes La Lucarne Ovale. PoèmesLa Lucarne Ovale. Poèmes La Lucarne Ovale. PoèmesLa Lucarne Ovale. Poèmes

Reverdy (Pierre).
La Lucarne Ovale. Poèmes.

Paris, S. e. (imprimerie Paul Birault), 1916 ; in-8, broché. Chemise, étui en percaline noire. 91 pp. n. ch.

8 000 euros.

Édition originale, imprimée par Paul Birault, à 50 exemplaires seulement.

Un des 34 exemplaires "sur Hollande petit format" suivant les 10 Hollande format "in4° coquille" et les 6 vieux Japon, également "in-4° coquille" (d'après la justification).

Très bel envoi a. s. :

J’ai marché longtemps seul et quand

J’ai connu Moricand

Il a ajouté à mon passé

Mon avenir que lui seul connaît

Et nous sommes devenus amis

Pierre Reverdy

Le livre le plus rare de l’auteur et l’un des plus importants recueils poétiques du siècle dernier.

Dès La Lucarne Ovale de 1916, on découvre un art sans précédent. En pleine guerre, Reverdy, qui s'est trouvé démobilisé en décembre 1914, est entré dans une période de création effervescente qui lui fait produire des centaines de poèmes, beaucoup étant destinés à être publiés des années plus tard. Or il n'y a rien de commun entre cette énonciation dépouillée, poignante et la production contemporaine, fût-ce celle de Max Jacob qu'il admire et avec lequel il connaît une camaraderie surchauffée, traversée d'éclats violents. Sa distance avec l'avant-garde la plus visible restera constante (Etienne-Alain Hubert, En français dans le texte, n° 347).

Dessinateur talentueux, Conrad Moricand était un jeune aristocrate suisse venu étudier la peinture à Paris. Collectionneur et mécène, en 1916, il habitait à Pigalle un Hôtel particulier et se lia avec Max Jacob qui l’entraîna dans les milieux artistiques Montmartrois et Montparnassiens.

Moricand fréquenta Modigliani, Picasso, Kisling, Van Dongen et des poètes, Cocteau, Cendrars, Salmon et Pierre Reverdy. Piqué d’occultisme, sous l’influence de Max Jacob, il devint Mage et dressa Au Sans Pareil les profils astrologiques du tout Paris.

Dans les années 30, il était complètement ruiné.

C’était un incurable dandy menant la vie d’un clochard et la menant tout entière dans le passé (…) un stoïque traînant partout sa tombe avec lui – écrit Henry Miller qui fit de Moricand le Téricand d’Un Diable au Paradis. Proche d’Anaïs Nin, en 1947, Miller avait invité Moricand à Big Sur, en Californie. Las, après quelques mois d’une cohabitation tumultueuse, Moricand allait se réfugier à San Francisco, où sans argent ni papiers, il fut arrêté puis expulsé. Recueilli en Bretagne par Théophile Briant, il collabora un temps à son journal, Le Goéland et s’en retourna vivre d’expédients à Paris pour terminer sa course dans un asile de vieillards. Il meurt en 1954, âgé de 67 ans.

Pour les 34 Hollande dits de « petit format », la couverture, identique à tous les exemplaires du tirage (25,5 x 16 cm), devient plus grande que le corps de l’ouvrage (22,5 x 14,5 cm), elle présente à l’usage (quand il y a usage...) d’inévitables traces de frottements (comme de petites pliures) dans ses marges – l’intérieur est parfait.