Librairie Pierre Saunier

Tête de Mort ou La Croix du cimetière de Saint-AdrienTête de Mort ou La Croix du cimetière de Saint-Adrien Tête de Mort ou La Croix du cimetière de Saint-AdrienTête de Mort ou La Croix du cimetière de Saint-Adrien Tête de Mort ou La Croix du cimetière de Saint-AdrienTête de Mort ou La Croix du cimetière de Saint-Adrien Tête de Mort ou La Croix du cimetière de Saint-AdrienTête de Mort ou La Croix du cimetière de Saint-Adrien Tête de Mort ou La Croix du cimetière de Saint-AdrienTête de Mort ou La Croix du cimetière de Saint-Adrien Tête de Mort ou La Croix du cimetière de Saint-AdrienTête de Mort ou La Croix du cimetière de Saint-Adrien

Lamothe (Baron de).
Tête de Mort ou La Croix du cimetière de Saint-Adrien.

Paris, Ménard et Desenne, fils, 1817 ; 4 tomes in-12, reliés en deux volumes, demi-basane havane à petits coins verts, dos lisse orné, tranches cirées (reliure d'époque). Faux-titre, frontispice, titre & 270, 304, 315, 302 pp.

1 200 euros.

Édition originale, fort rare.

Elle est ornée de quatre admirables frontispices – deux sont particulièrement saisissants.

Membre du Conseil d’État sous Napoléon 1er, nommé sous-préfet de Toulouse puis de Livourne, Lamothe-Langeon débute sa féconde carrière d’écrivain par des Odes multiples et diverses qu’il dédie à ses majestés impériales. Après s’être illustré à la bataille de Viareggio, il est fait Baron d’Empire. Pendant les Cent-Jours, il est le préfet de Carcassonne. La Restauration le débarque et le ruine. Lamothe écrit alors des romans à la mode pour gagner sa vie, comme ce terrifiant Tête de mort, qui précède le Spectre de la galerie du château d’Estalens (1819) ou La Vampire, vierge mais hongroise (1825).

Dans les années 1830, Lamothe-Langeon devient une des stars des cabinets de lecture, une espèce de Protée, se produisant en librairie sous toutes les formes humaines et sous tous les déguisements. Un jour, il signe le livre nouveau de son nom. Une autre fois, l’œuvre était d’un ancien Diplomate ou d’une Duchesse (…) Lorsque l’éditeur Ladvocat mit à la mode la manie des Mémoires, le baron tira vingt morts illustres de leurs sépulcres pour leur faire raconter leurs vies, et le public, toujours vorace, toujours crédule, a avalé tout cela (Philibert Audebrand, Romanciers et viveurs du XIXe).

Mais le plus beau titre de gloire de Lamothe-Langeon reste sans conteste son Histoire de l’Inquisition (1829) faite à partir d’archives encore jamais exploitées du diocèse de Toulouse, livre remarquable et sérieux dans lequel il relate d’atroces histoires apocryphes d’ensorceleuses, allant jusqu’à inventer « la chasse aux sorcières » au moyen-âge… L’ouvrage influencera une myriade d’historiens et de littérateurs – ainsi Jules Michelet qui s’inspira directement des travaux de Lamothe-Langeon pour composer sa Sorcière, publiée en 1862. Il faut attendre 1973 pour que cette falsification soit dénoncée par les historiens Norman Cohn et Richard Kieckhefer – les archives du diocèse de Toulouse n’avaient jamais existé autrement que dans l’imagination fertile de notre baron.

Bel exemplaire.