Librairie Pierre Saunier

Crime de VillageCrime de Village Crime de VillageCrime de Village Crime de VillageCrime de Village Crime de VillageCrime de Village Crime de VillageCrime de Village Crime de VillageCrime de Village

Renard (Jules).
Crime de Village.

Paris, Édition de La Grande Correspondance, 1888 ; in-12, box crème, plats décorés d’un collage en veau rose et taupe légère estampée à froid, doublures mauves, non rogné, couverture, boîte étui (reliure moderne). 105 pp.

2 000 euros.

Édition originale – très rare – tirée à seulement 65 exemplaires (dont trois sur papier impérial du Japon).

Celui-ci, numéroté 3 à la main, comporte ce très bel envoi a. s. de Jules Renard :

ma chère Rachilde, je vous offre ce livre (à peu près roux), cent pages seulement, quelle honte ! une page pour un de vos volumes. Il paraît que vous en combinez encore quatre. Vous ne pourriez donc jamais nous prêter la paix. Bien à Mimi. Jules Renard.

Mimi est une allusion au Tiroir de Mimi Corail que Rachilde a publié en 1887, chez Monnier.

C’est aux femmes que je devrai tout – écrit Jules Renard à sa sœur en septembre 1885. Après Danièle Davyle et Camille Delaville (cf. n°211, catalogue Ailleurs, ici-même), Rachilde est la troisième fée à se pencher avec bienveillance sur les débuts littéraires de Jules Renard, débuts qu’elle favorisa d’un peu de publicité, en publiant la première notule jamais écrite sur notre auteur dans l’éphémère Zig-Zag où ils collaboraient d’une chronique ou d’un poème.

Rachilde avait espéré aguicher son éditeur, Monnier, pour qu’il publie le Crime de village de son jeune protégé, en vain. Jules Renard dut recourir au compte d’auteur. Pour le consoler, Rachilde l’entraînera au Café Français, à une soirée d’aspirants hommes de lettres, tous décidés à fonder une revue. Ce fut Le Mercure de France. Jules Renard en devint l’actionnaire majoritaire, souscrivant pour six parts à cinq francs, ignorant que Père Vallette (l’époux de Rachilde) l’avait convié moins pour ses qualités littéraires que sa solvabilité depuis son heureux mariage avec la fille d’une rentière.

Remarquons en passant que c’est le premier et dernier envoi de Jules Renard rédigé horizontalement.

La fragile couverture, plus roussie que rousse, a été doublée, des manques ont été comblés. Petits défauts angulaires de papier aux premiers feuillets – papier de bois, papier roux, comme le remarque Renard lui-même…

La reliure contemporaine a été exécutée en Argentine par Mademoiselle Goldztein.

Provenance historique.