Librairie Pierre Saunier

Connaissance de l’Est. Collection coréenne composée sous la direction de Victor Segalen à PékingConnaissance de l’Est. Collection coréenne composée sous la direction de Victor Segalen à Péking Connaissance de l’Est. Collection coréenne composée sous la direction de Victor Segalen à PékingConnaissance de l’Est. Collection coréenne composée sous la direction de Victor Segalen à Péking Connaissance de l’Est. Collection coréenne composée sous la direction de Victor Segalen à PékingConnaissance de l’Est. Collection coréenne composée sous la direction de Victor Segalen à Péking Connaissance de l’Est. Collection coréenne composée sous la direction de Victor Segalen à PékingConnaissance de l’Est. Collection coréenne composée sous la direction de Victor Segalen à Péking Connaissance de l’Est. Collection coréenne composée sous la direction de Victor Segalen à PékingConnaissance de l’Est. Collection coréenne composée sous la direction de Victor Segalen à Péking Connaissance de l’Est. Collection coréenne composée sous la direction de Victor Segalen à PékingConnaissance de l’Est. Collection coréenne composée sous la direction de Victor Segalen à Péking

Claudel (Paul), Segalen (Victor).
Connaissance de l’Est. Collection coréenne composée sous la direction de Victor Segalen à Péking.

Paris, Georges Crès & Cie, 1914 ; 2 volumes in-8 (18 x 28 cm), brochés, imprimés d’un seul côté sur deux feuilles pliées, chemise cartonnée à trois volets recouverte de soie (cartonnage éditeur). 226 pages.

2 500 euros.

Un des 30 exemplaires sur Vergé nacré du tirage de tête.

C’est la troisième édition de Connaissance de l’Est, reproduisant le texte de la seconde édition, en partie originale, de 1907.

Elle est illustrée de 61 lettrines en rouge et noir.

Le tirage est de 30 exemplaires sur Grand papier de Tribut, 30 exemplaires sur Vergé nacré et 570 exemplaires sur Vergé pelure.

Impression sur doubles pages pliées, cousues selon la tradition chinoise en deux volumes réunis dans un cartonnage à volets – un « t’ao » – recouvert de soie, retenu par deux fermoirs en os. La soie de l’étui diffère selon le tirage, mais pour tous les exemplaires de la Collection coréenne, elle provient de Péking. Segalen précise même dans sa correspondance qu’elle est rigoureusement conforme aux étoffes bibliophiliques sous Kangxi, empereur de la dynastie Qing, qui régna de 1662 à 1723.

Les exemplaires du tirage courant possèdent tous une soie bleue. L’étui pour le tirage de luxe est recouvert avec des soies plus précieuses, comportant des motifs tissés dans des coloris variés.

Jean Lartigue trouva chacun des sceaux des têtes de chapitres qu’il fit graver, les accommodant à chaque majuscule – toutes dessinées par Gilbert de Voisins. Seule à Péking, Yvonne Segalen se chargea de la réalisation du livre.

A la vingt-et-unième minute qui avait suivi son entretien avec Crès, Segalen demandait à Claudel son accord pour « le livre » de sa collection : c’est dans le même format et sur le même esprit que je compte publier à Pékin toute une série de livres afférant ou non à la Chine, cela formerait une série d’« éditions coréennes » tirées à 1000 ou 1500 exemplaires sur papier de Corée mince; broché ou couvert à la chinoise; décoré de bois gravés (caractères, sceaux, culs-de-lampes) et unissant dans une juste mesure, les éléments fournis par l’art du livre en Chine à la bibliophilie européenne. Il n’est point question d’éditions fantaisistes, encore moins «  exotiques » dans le mauvais sens d’un mot assez prostitué déjà. Mais de l’emploi mesuré des principes, des éléments déjà élaborés depuis des centaines d’années par les Lettrés, les Calligraphes et les maîtres imprimeurs dans le Milieu. Or, le livre par excellence qu’il me serait précieux d’ornementer ainsi est évidemment Connaissance de l’Est. J’ose vous prier de me laisser en disposer, et dès lors cette tentative, intéressante pour moi par son côté pittoresque et le séjour libre qu’elle m’assure à Péking, s’éclairerait de toute la valeur profonde du Livre qui est depuis 4 ans mon plus fidèle recours. J’ose à peine envisager un refus qui serait une grande peine (…) Vous avez été toute l’origine de mes débuts dans cette grosse Chine… Je vous supplie de m’aider à fermer ce premier cycle, un peu amer, très fructueux, en rejoignant encore à travers vous mon arrivée et tout ce que ces années enferment… (lettre du 10 août 1913).

Claudel fut très admiratif de ce Connaissance de l’Est – cela m’a fait autant de plaisir qu’une jeune mère de voir son enfant dans les dentelles – qu’il considéra comme l’édition canonique de son œuvre.

Quant à Georges Crès, obnubilé par les volutes du camphrier, il fut un peu dépité de recevoir ses « coréennes » revêtues, élégamment certes, mais trop sobrement à son goût de carton et de soie. Segalen se justifia : je constate aussi que le format long, le pliage en portefeuille, et l’usage de plaquettes pour Stèles, forme un ensemble parfaitement incommode. Aussi ai-je immédiatement abandonné ce type pour donner à Aladdin et Connaissance la forme de deux volumes brochés à la soie, parfaitement en main, s’ouvrant merveilleusement, et contenus dans une enveloppe de soie cartonnées très pratique. L’excuse et la raison d’être du format Stèles est leur parfaite adéquation à leur sujet. Le bibliophile comprendra.

Superbe exemplaire.