Librairie Pierre Saunier

Un pot sans couvercle, et rien dedansUn pot sans couvercle, et rien dedans Un pot sans couvercle, et rien dedansUn pot sans couvercle, et rien dedans Un pot sans couvercle, et rien dedansUn pot sans couvercle, et rien dedans Un pot sans couvercle, et rien dedansUn pot sans couvercle, et rien dedans

Randol (Louis).
Un pot sans couvercle, et rien dedans. Ou les Mystères du souterrain de la rue de la lune, histoire merveilleuse et véritable, traduite du français en langue vulgaire; par Louis Randol.

Paris, Chez B. Logerot, An, s.d. ; in-8, bradel papier coquille, pièce de titre crème, tranches cirées (AlidorGoy). VIII & 160 pp. - non compris le frontispice.

1 700 euros.

Édition originale de cette remarquable parodie du roman noir à la manière de Sterne (Tristam Shandy), fortement inspirée d’Anne Radcliffe à laquelle Randol rend un hommage appuyé : 

Heureux l’écrivain qui d’avance a placé son lecteur dans un vieux château ruiné, dans une tour exposée de toutes parts aux injures de l’air, et néanmoins impénétrable au jour ; dans quelque long corridor où depuis cent ans plusieurs portes sont murées, dans des souterrains creusés par la terreur, et consacrés par la vengeance ! L’esprit alors, est en termes de l’art, tout à fait prédisposé à l’effroi. Une souris qui trotte, semble un monstre terrible ; le bourdonnement d’une mouche porte à nos oreilles le funèbre murmure des spectres et des fantômes. Heureuse Anne Radcliffe ! Cent fois heureuse de t’être appropriée ces sublimes moyens, en les rebattant, au point que la plume la plus disposée au plagiat, n’oserait les employer après toi (…) Puisse pour prix de tes riants travaux, ton âme doucereuse errer éternellement dans ces asyles si chers à ton génie ! Puisse-t-elle éternellement y mêler ses délicieux hurlements aux cris lamentables des oiseaux de nuit, aux gémissements des captifs, aux râlements des mourants, aux sifflements aigus des vents, au sombre bruissement des vagues, aux sourds roulements du tonnerre, aux éclatants craquements de la foudre, aux échos lugubres et prolongés des cavernes retentissantes ! (pp.11-12).

Eusèbe Baconnière de Salverte (1771-1839), alias Louis Randol, fut avocat au Châtelet et professeur d’algèbre au Ponts et Chaussées. Il manqua de peu la guillotine après sa participation à l’insurrection royaliste du 13 vendémiaire. En 1828, il devient député du troisième arrondissement de Paris luttant pour la liberté de l’imprimerie et de la librairie sous Charles X. En 1834, il participa à la fondation de la Société française pour l’abolition de l’esclavage. Il meurt en octobre 1839 en refusant les derniers sacrements de l’église et se fait enterrer civilement au Père Lachaise.

Il est l’auteur d’un éloge philosophique de Diderot (1801) et d’un Tableau littéraire de la France au XVIIIème Siècle (1809).

Beau frontispice raillant le frontispice du tome 3 de L’Italien d’Anne Radcliffe (voyez la reproduction).

Une forte rousseur étalée comme une tache de sang frais pages 29 30.