Librairie Pierre Saunier

[Polidori (John William)] Le Vampire[Polidori (John William)] Le Vampire [Polidori (John William)] Le Vampire[Polidori (John William)] Le Vampire [Polidori (John William)] Le Vampire[Polidori (John William)] Le Vampire [Polidori (John William)] Le Vampire[Polidori (John William)] Le Vampire [Polidori (John William)] Le Vampire[Polidori (John William)] Le Vampire

Byron (Lord).
[Polidori (John William)] Le Vampire. Nouvelle traduite de l’anglais de Lord Byron par H. Faber.

Paris, Chaumerot jeune, 1819 ; in-8, demi-veau fauve, dos lisse orné de filets dorés (reliure du XIXe siècle). 2 ff., vij & 62 pp (paginé à la suite de la préface).

8 500 euros.

Édition originale française de The Vampyre.

Elle est très rare.

The Vampyre est né en 1816, durant le fameux séjour estival de Lord Byron, Percy Shelley, Mary Shelley et John Polidori (entre-autres), à la villa Diodati près de Genève.

Selon Mary Shelley, pour tromper l’ennui d’une journée pluvieuse, Byron aurait mis ses amis au défi d’écrire chacun une histoire de fantôme. Mary écrivit Frankenstein, qui parut en 1818 ; Byron commença une histoire de vampire qu’il n’acheva pas, déclarant forfait, mais dont il raconta la trame qu’il avait brodée à Polidori.

En avril 1819, reprenant les idées de Byron et sans l’en avertir, Polidori fit paraître The Vampyre dans le New Monthly Magazine. Pour des raisons commerciales, la paternité de la nouvelle fut attribuée par l’éditeur Colburn au seul Byron, ce qui devait provoquer la fureur de ce dernier mais entraîner un succès retentissant pour la publication.

Avec ou sans Byron, la nouvelle de Polidori reste la première œuvre en prose consacrée au sujet. Elle est d’une importance cruciale pour la littérature vampirique. Celle ci, née de l’épidémie des cimetières de Serbie de 1732 (cf. la Dissertation de Dom Calmet sur les apparitions des anges, des démons & des esprits, et sur les revenants et vampires publiée en 1746), se limita longtemps à quelques poèmes abordant de manière souvent lointaine le sujet, les créatures évoquées ayant peu ou prou les attributs du vampire des Carpates. Mentionnons La Fiancée de Corinthe de Goethe, Lénora de Burger ou The vampyre de John Stagg (poème dans lequel une femme découvre que son mari malade est tourmenté par un ami décédé), la première version des Monténégrins de Nerval, certains écrits de Coleridge, Keats, Southey.

D’autres apporteront ensuite à la littérature vampirique des contributions plus ou moins marquantes, chez les Anglo-saxons James Malcolm Rymer, Thomas Preckett Prest ou Joseph Sheridan Le Fanu, chez les Français, Nodier, Gautier, Yniold Le Roux, Féval, Ponson du Terrail, Léo Gozlan, Loukas Sarian, Angelo de Sorr, etc. avant que le thème ne soit définitivement et magistralement vampirisé par Bram Stoker lorsqu’il publia, en 1897, son chef d’œuvre, Dracula.

Polidori aura fixé l’image aristocratique du vampire, faisant de son Lord Ruthwen un spectre qui voyage, fréquente la belle société et séduit les jeunes filles - représentation aristocratique qu’adoptera Bram Stoker pour son Dracula, bien loin du vampire terreux et repoussant des origines.

Coins un peu émoussés, des rousseurs en début et fin d'ouvrage, petites salissures éparses - bon exemplaire cependant.