Librairie Pierre Saunier

Mes Haines. Causeries littéraires et artistiquesMes Haines. Causeries littéraires et artistiques Mes Haines. Causeries littéraires et artistiquesMes Haines. Causeries littéraires et artistiques Mes Haines. Causeries littéraires et artistiquesMes Haines. Causeries littéraires et artistiques

Zola (Émile).
Mes Haines. Causeries littéraires et artistiques.

Paris, Achille Faure, 1866 ; in-12, bradel demi-percaline moutarde à coins, non rogné, couverture et dos (Carayon). 275 pp., 1 f. de table, 5 & 14 pp. de catalogue éditeur.

1 800 euros.

Édition originale.

Envoi a. s. : à mon confrère et ami Gustave Bourdin. Émile Zola.

Le quatrième livre de Zola, au titre flamboyant, orgueilleux et provocateur, dont l’extraordinaire et altier liminaire, porté vers les persécutés de la bêtise, renoue avec l’accent d’insolence des Adieux d’un critique – le dernier article que Zola publia dans L’Évènement avant d’être viré

C’est à l’entregent de Gustave Bourdin (1820-1870), gendre d’Hippolyte de Villemessant, patron du Figaro, qu’Émile Zola dut son engagement dans le célèbre journal l’année de la parution de Mes Haines.

Féru de questions judiciaires, Bourdin y tenait la rubrique du Figaro au Palais. En 1855, il avait brossé les binettes de Gustave Chaix d’Est-Ange et d’Ernest Pinard, l’avocat et le procureur de Baudelaire dont le bien nommé Bourdin allait, en 1857, provoquer le procès et la condamnation en suscitant la curiosité du Ministère public par un article fustigeant âprement l’immoralité des Fleurs du malCe livre est un hôpital ouvert à toutes les démences de l’esprit, à toutes les putridités du cœur ; encore si c’était pour les guérir, mais elles sont incurables (…) L’odieux y coudoie l’ignoble ; le repoussant s’y allie à l’infect (…) mais on peut le dire, il le faut, on le doit : si l’on comprend qu’à vingt ans l’imagination d’un poète puisse se laisser entraîner à traiter de semblables sujets, rien ne peut justifier un homme de plus de trente ans d’avoir donné la publicité du livre à de semblables monstruosités.. (Le Figaro, 5 juillet 1857).

En février 1864, Bourdin tentera la rédemption en publiant une approbation du Spleen de Paris.

Petites rousseurs en début et en fin de volume, charmant exemplaire cependant.