Librairie Pierre Saunier

Les 14 Stations du Salon – 1859 – suivi d’un récit douloureuxLes 14 Stations du Salon – 1859 – suivi d’un récit douloureux Les 14 Stations du Salon – 1859 – suivi d’un récit douloureuxLes 14 Stations du Salon – 1859 – suivi d’un récit douloureux Les 14 Stations du Salon – 1859 – suivi d’un récit douloureuxLes 14 Stations du Salon – 1859 – suivi d’un récit douloureux

Astruc (Zacharie).
Les 14 Stations du Salon – 1859 – suivi d’un récit douloureux. Préface de George Sand.

Paris, Poulet-Malassis & de Broise, 1859 ; in-12, demi-chagrin vert bouteille, dos à nerfs orné, filets et roulettes dorés, tranches jaspées (reliure d'époque). IV & 408 pp.

3 800 euros.

Édition originale.

Magistral envoi a. s. : A Monsieur Théophile Gautier. Au maître puissant et doux, lumineux et profond, illustre et simple, – âme et rayon ; au maître excellemment créateur que j’aime et vénère ! Zacharie Astruc

Touche-à-tout talentueux, critique et praticien de la peinture, clouteur de Salon, parfois sculpteur ou compositeur, Astruc est un peu l’ange Gabriel de l’impressionnisme, l’une de ses figures tutélaires, obligées… bref, une sorte de main gauche des Batignolles, élu du Guerbois ou de La Nouvelle Athènes.

Dans les milieux artistiques, il connaît tout le monde et tout le monde le connaît. Oubliez-le et la peinture verse directement d’une descente de croix au cubisme tranchant : n’est-ce pas par son intermédiaire que Zola et Monet, qui n’ont encore ni rond ni renom, rencontrent Manet ? Astruc apparut chez ce dernier à vingt ans, fauché et hirsute comme un cénobite, sandales aux pieds et braies sous bandelettes, apportant des bois cloisonnés peints de type espagnol et des poèmes superbement calligraphiés dont il faisait alors le trafic pour subsister.

Personnage clé de la jeunesse du peintre d’Olympia, Astruc fut un des premiers à ferrailler pour Manet quand le public le prenait pour un farceur ou que Baudelaire se taisait – il faut être deux fois robuste pour se tenir droit sous l’orage des sots qui pleuvent ici par milliers et bafouent tout à outrance – pour lui faire oublier ses continuelles déceptions et la critique qui l’accable, il lui mitonnera en Espagne une convalescence artistique de premier ordre à partir de ses incroyables connaissances.

En 1881, sainte année palindromique des inclinations, Astruc exposa au Salon le buste de Manet auquel il faillit, au désarroi de son modèle, incruster les orbites oculaires de gemmes scintillants, peut-être par adoration d’une rousse aux yeux verts rencontrée à l’Exposition d’électricité.

Manet a réalisé plusieurs portraits de notre auteur, le seul homme découvert de La Musique aux Tuileries - chapeau bas ! Fantin-Latour les réunira aux côtés de Renoir, Zola et Monet, dans son atelier aux Batignolles peint en 1878, autre station emblématique de l’histoire de l’art. Bazille, jeune prophète de l’impressionnisme, le représente avec, à la main, le cigare qui devait allumer les feux de la Saint-Jean la veille de sa disparition à la bataille de Beaune-la-Rolande.

L’auteur de ces Quatorze stations porta également la croix de la Société anonyme des peintres, sculpteurs et graveurs, à l’origine des expositions impressionnistes. Il accroche à la première une demi douzaine de toiles.

Exemplaire renversant.