Librairie Pierre Saunier

Le Livre de Désir – Histoire cruelleLe Livre de Désir – Histoire cruelle Le Livre de Désir – Histoire cruelleLe Livre de Désir – Histoire cruelle Le Livre de Désir – Histoire cruelleLe Livre de Désir – Histoire cruelle Le Livre de Désir – Histoire cruelleLe Livre de Désir – Histoire cruelle

Demange (Charles).
Le Livre de Désir – Histoire cruelle.

Paris, Mercure de France, 1909 ; petit in-12, demi-chagrin marron, dos à nerfs, tête or, couverture conservée (Franz). 238 pp., 1 f. (A.I.).

850 euros.

Édition originale.

Le premier livre de cet écrivain né à Nancy en 1884, fils d’Anne Marie Barrès, sœur de Maurice Barrès – le modèle et le rival que Charles Demange se devait de surpasser.

Sa malencontreuse passion pour la comtesse Anna de Noailles entraînera son suicide, quelques mois après la parution du Livre de Désir – le jeune homme était tombé fou amoureux de la poétesse que son oncle lui avait présentée. Anna de Noailles utilisa ce qui n’était pour elle qu’un flirt pour se venger de Barrès.

Au mois d’août, Demange disparut dans une chambre d’hôtel, près de la maison de son oncle, laissant ce mot écrit pour Anna de Noailles : Je me tue. Je vous ai follement aimée. Votre amitié était le mieux que je puisse rencontrer sur terre. Merci – et merci à mon oncle qui m’a fait vous connaître.

Exemplaire de Jules Claretie – la reliure est à son chiffre – Claretie, qui fut un des premiers à rendre compte de la mort du pauvre jeune homme, a fait relier une exceptionnelle lettre que Barrès lui adressa alors (4 pp. in-12, pliées) :

Mon cher ami, j’ai trop tardé à vous dire combien nous avait touchés votre adieu à mon pauvre neveu. C’est un grand chagrin pour moi. Il était le seul fils de ma sœur qui est veuve et le seul homme qu’il y eut dans ma famille. Ses goûts, ses dispositions, l’enthousiasme qu’il avait pour son oncle faisaient de lui mon fils ou mon jeune frère. Il a encore essayé de me joindre vers dix heures du soir dans cette nuit fatale. Il est venu à la gare d’Épinal, disposé à prendre le train pour Charmes (où il serait arrivé vers onze heures) mais il savait que je devais arriver à Charmes le vendredi ou le samedi. Or c’était dans la nuit du vendredi au samedi. J’étais là. Mais il a craint de trouver une maison muette ; il est retourné à l’hôtel, dans cette chambre où le lendemain, à neuf heures du matin, toutes lumières allumées on l’a trouvé… vingt-cinq ans, une ardeur prodigieuse, une impatience, une fierté et là-dessus la plus solide, la plus claire intelligence ! Il n’y a rien eu que de niellé, pour ce qui le concerne, dans toutes les circonstances de sa mort il ne s’est plaint à personne. Je vous raconte tout cela, en confiance, parce que ma sœur m’a dit : « les lignes de M. Claretie sont parfaites ; rien ne m’y a blessé, tout m’y a touché » Je vous serre la main, affectueusement. Barrès. 4 sept 1909.

Bel exemplaire.