Librairie Pierre Saunier

La VagabondeLa Vagabonde La VagabondeLa Vagabonde La VagabondeLa Vagabonde

Colette.
La Vagabonde.

Paris, Paul Ollendorff, 1910 ; in-12, demi-basane prune, dos à nerfs orné, premier plat de couverture conservée (reliure d'époque). 336 pp.

500 €

Année de l'édition originale - mention de onzième édition sur le titre.

Bel envoi a. s. : à Claude Lorrey / pour qui / "il n'est d'arpèges frémissants que l'écho même du malheur écrit avec le sang du cœur" / sympathique souvenir de Colette Willy.

De son vrai nom Irène Hillel-Erlanger, Claude Lorrey est le pseudonyme sous lequel elle publia trois recueils de poèmes en 1909 et 1910 (cf. numéros 26, 27 & 28 du catalogue Mont de Piété, ici même) – elle est surtout l’auteur du fameux et mystérieux Voyages en Kaléidoscope publié en 1919 chez Georges Crès, avec un titre et un thermomètre, dessinés par Van Dongen (n°25 du catalogue Op. cité). 

Descendante du Grand Argentier du sultan de Constantinople, où par privilège exceptionnel il possédait en pleine cité une étonnante Oasis domaniale qui n’est pas sans rappeler la Maison de Grâce des Voyages (demeure magistrale au cœur de Paris, où le singulier inventeur du récit viendra se ressourcer dans le calme d’une luxuriante palmeraie), Irène Hillel-Erlanger eut son salon que fréquentèrent Larbaud, Perse, Fargue, Raymond Roussel, Van Dongen, et bien sûr les jeunes surréalistes. Elle collabora Par Amour à la revue d’Aragon, Breton et Soupault, Littérature (n°10, décembre 1919) – fantaisie musicale et variations sur le nom de Pearl White.

Passionnée de cinématographie, elle finança la D. H. Film, une des premières sociétés de production fondée avec son amie Germaine Dulac – Hillel-Erlanger lui laissera une demi-douzaine de scénarios. En 1913, signé Claude Lorrey, elle publia encore un bien curieux roman, La Chasse au Bonheur - Colette connaissait bien ce livre comme en témoigne sa dédicace.

Irène Hillel-Erlanger serait morte d’une façon soudaine et énigmatique, quelques mois après la parution du Voyages en Kaléidoscope, le jour du printemps.

Dos passé comme la rumeur.