Librairie Pierre Saunier

Les Solitaires (vers)Les Solitaires (vers) Les Solitaires (vers)Les Solitaires (vers) Les Solitaires (vers)Les Solitaires (vers) Les Solitaires (vers)Les Solitaires (vers) Les Solitaires (vers)Les Solitaires (vers) Les Solitaires (vers)Les Solitaires (vers)

Dayros (Jean).
Les Solitaires (vers). Portrait-charge de l’auteur par Charly. Lettre préface d’Isidore Boulnois.

Paris, Léon Vanier, 1898 ; in-12, pleine toile rouge, couverture conservée (reliure moderne). 3 ff., XXV & 107 pp., 1 f. non compris le feuillet calque du portrait.

2 000 euros.

Édition originale - rare & davantage sur grand papier.

Un des 25 exemplaires imprimés en argent sur papier d’emballage noir extra-fort, seul tirage de tête (une vraie prouesse d'imprimerie !)

Couvertures d’un rouge saisissant (les ordinaires sont sur papier kraft, la couverture platement marron).

Montée dans l'ouvrage un feuillet provenant d'un exemplaire du tirage ordinaire (papier kraft) comportant ce pharamineux (si si...) envoi a. s. au préfacier du livre :

A mon meilleur ami Isidore Boulnois malgré sa tenue déplorable / Jean Dayros.

Boudin à la Richelieu, Tersets nickelés, Complaintes des pauvres Thermomètres, Dégénérescences, Ballade équipollente, Sonnet à revers (pour Tinan), Je ne marche plus (pour Curnonsky), après le Sonnet des Sept nombres et celui des Voyelles le Sonnet de la page 13 (pour Gabriel de Lautrec) ou le sonnet toureiffelisé de 300 mètres, Nocturne Montparnassien, fragment de symphonie au Molybdène (pour remplacer M. Leconte de Lisle dans la gloire et dans le respect des jeunes), Vers caoutchouc-fer, etc.

Dayros fait de la parodie, Dayros poétise avec ironie, même si, comme le remarque le docte Isidore Boulnois, l’ironie écrite est une forme qui déguise trop souvent l’absence de pensées grandes et de sains raisonnements... (elle est) esthétiquement inférieure et ceux qui la manient avec le plus d’aisance ne la peuvent relever à la hauteur des autres manières d’expression qu’à force de brillance et d’ingéniosité.

Poète absintheur, Cazaliste fervent de première et dernière heure – il finira auprès de son mentor dans l’administration postale – Jean Dayros fit partie de la claque du Père Ernest chargée par Jarry d’animer la première d’Ubu Roi, en décembre 1896 – c’étaient tous d’éminents pochtrons habitués du restaurant éponyme situé rue Saint-Jacques à quelques encablures du logis de Jarry. Le scandale, leur avait intimé ce dernier, devait dépasser celui de Phèdre ou d’Hernani. Il fallait que la pièce ne pût aller jusqu’au bout et que le théâtre éclatât. Comme on sait, le scandale n’eut aucunement besoin des clients d’Ernest.

Le plus beau titre de gloire de Jean Dayros reste la publication de ses mémorables soliloques d’assoiffé, ce recueil de vers montparnassiens, solitaire et fameux.

Un de ses admirables poèmes, La vie est un café où l’on ne peut plus boire, est d’ailleurs dédié à Jarry.

Le relieur, S. Thomas, a inversé la place du faux-titre.

Un joyaux noir...