Librairie Pierre Saunier

Scènes de la vie privéeScènes de la vie privée Scènes de la vie privéeScènes de la vie privée Scènes de la vie privéeScènes de la vie privée Scènes de la vie privéeScènes de la vie privée Scènes de la vie privéeScènes de la vie privée Scènes de la vie privéeScènes de la vie privée

Balzac (Honoré de).
Scènes de la vie privée.

Paris, Furne, Dubochet, Hetzel et Paulin, 1842 ; in-8, demi-veau havane, dos lisse orné de filets à froid, tranches marbrées  (AlidorGoy). 507 pp. - non compris le portrait.

9 000 €

Premier volume des Œuvres complètes publiées entre 1842 et 1848, nouvelle version de La Comédie humaine, revue et remaniée par Balzac – contient La Maison du Chat-qui-pelote. Le Bal de Sceaux. La Bourse. La Vendetta. Madame Firmani. Une double Famille. La Paix du Ménage. La Fausse Maîtresse. Étude de Femme. Albert Savarus.

Exceptionnel envoi a. s. de l’auteur  : à Monsieur David, statuaire, en témoignage de l’admiration de l’auteur. De Balzac. Paris, 1842.

Le sculpteur Pierre-Jean David, dit David d’Angers, avait une grande admiration et infiniment d’estime pour Balzac. Durant sept ans, il tenta de convaincre l’écrivain de poser pour lui. Anxieux de son image, heurté souvent par les caricatures et les portraits charges que son physique ingrat entraînait, Balzac déclinait. Il fallut l’intervention de Victor Hugo pour le convaincre.

Le 21 novembre 1842, Balzac écrivait à Mme Hanska : J’ai dîné chez Victor Hugo, qui me prévenait que le dîner était pour m’aboucher avec notre illustre sculpteur David qui veut faire mon buste colossal en marbre pour le joindre à ceux de Chateaubriand, de Victor Hugo, de Lamartine, de Goethe, de Cooper. Et cela, chère comtesse console de bien des misères, car David pour cent mille francs ne ferait pas le buste d’un épicier-ministre.

Dix journées de pose, réparties sur deux années, furent nécessaires. David commença par réaliser plusieurs dessins et deux médaillons. Vous serez stupéfaite – écrit Balzac à Mme Hanska, le 3 décembre 1843 – en voyant la tête olympienne que David a su tirer de ma grosse face de bouledogue. Balzac avait prévenu le sculpteur : Prenez garde à mon nez ; mon nez, c’est un monde.

Au moment où David entreprit son œuvre, démarrait l’impression des volumes de La Comédie humaine chez Furne & consort. Balzac lui apporta ce premier volume, fraîchement imprimé, lors d’une séance de pose, peut-être en janvier 1842.

Il lui apporta de même le tome 6, en avril 1843 – celui-ci s’ouvrait alors par Le Curé de Tours que Balzac dédiait à David par ce bel encart imprimé : La durée de l’œuvre sur laquelle j’inscris votre nom, deux fois illustre dans ce siècle, est très problématique ; tandis que vous gravez le mien sur le bronze qui survit aux nations, ne fût-il frappé que par le vulgaire marteau du monnayeur. Les numismates ne seront-ils pas embarrassés de tant de têtes couronnées dans votre atelier, quand ils retrouveront parmi les cendres de Paris ces existences par vous perpétuées au-delà de la vie des peuples, et dans lesquelles ils voudront voir des dynasties ? A vous donc ce divin privilège, à moi la reconnaissance.

Le 12 janvier 1845, David annonçait à Balzac que son buste était terminé – je voulais que mon talent fût en rapport avec mon admiration pour votre génie, l’on verrait alors reproduite par le marbre une image de vous. Elle veille depuis, du haut de la 48ème division du Père-Lachaise, après que Mme Hanska en eut fait tirer le bronze qui orne sa tombe.