Librairie Pierre Saunier

Marie l’Espagnole ou La victime d’un moine. Précédée d’une introduction par M. Eugène SueMarie l’Espagnole ou La victime d’un moine. Précédée d’une introduction par M. Eugène Sue Marie l’Espagnole ou La victime d’un moine. Précédée d’une introduction par M. Eugène SueMarie l’Espagnole ou La victime d’un moine. Précédée d’une introduction par M. Eugène Sue Marie l’Espagnole ou La victime d’un moine. Précédée d’une introduction par M. Eugène SueMarie l’Espagnole ou La victime d’un moine. Précédée d’une introduction par M. Eugène Sue Marie l’Espagnole ou La victime d’un moine. Précédée d’une introduction par M. Eugène SueMarie l’Espagnole ou La victime d’un moine. Précédée d’une introduction par M. Eugène Sue Marie l’Espagnole ou La victime d’un moine. Précédée d’une introduction par M. Eugène SueMarie l’Espagnole ou La victime d’un moine. Précédée d’une introduction par M. Eugène Sue

Ayguals de Izco (Wenceslao).
Marie l’Espagnole ou La victime d’un moine. Précédée d’une introduction par M. Eugène Sue.

Paris, Librairie de Dutertre, 1846 ; 2 fort in-8 reliés en un volume, plein chagrin noir, premier plat décoré d’un décor romantique à encadrements avec doré au centre la dédicace suivante : à Monsieur Eugène Sue – hommage de l’auteur, au second plat dans le même décor les initiales d’Eugène Sue, dos à nerfs orné, filets dorés sur les coupes, encadrements dorés à l’intérieur, gardes de soie moirée blanche, tranches dorées. XI, 420 & 392 pp.

3 500 €

Titre intégral : Marie l’Espagnole ou La victime d’un moine. Précédée d’une introduction par M. Eugène Sue. Histoire de Madrid. Mœurs et usages de ses habitants, description des célèbres combats de taureaux, des édifices remarquables, promenades, fêtes ; histoire des événements politiques depuis la promulgation du statut royal jusqu’aux faits de La Granja ; avec d’importantes révélations relatives à l’influence exercée sur ces événements par la ténébreuse société de l’ange exterminateur – le tout encadré dans une intrigue dramatique.

Édition originale française du grand livre d’Ayguals de Izco – les « Mystères de Paris » madrilènes.

Il est illustré dans le texte de très nombreuses gravures sur acier par des artistes ibériques en renom.

Exemplaire de présent, spécialement relié pour Eugène Sue, à son chiffre et dédicacé dans le marbre sur les plats de chagrin.

Outre l’introduction qu’il rédigea, Eugène Sue devait aussi superviser la traduction française du livre de son ami Ayguals de Izsco, homme politique, écrivain, éditeur et traducteur espagnol – L’année précédente Ayguals avait traduit et publié la première édition espagnole du Juif errant, réservant à l’écrivain français un exemplaire de choix relié magistralement à son intention (voyez sur le site).

Marie l’Espagnole relate l’ascension sociale d’une pauvre fille de chômeur, harcelée par un prêtre et un noble pervers (Fray Patricio et le Baron del Lago) dans le Madrid contemporain de l’ouvrage.

On compare à juste titre ce roman aux Mystères de Paris tant les similitudes abondent. Dès les premières pages de Marie, l’influence d’Eugène Sue est perceptible, l’orientation morale et didactique, les procédés d’écriture et enfin, le traitement de certains thèmes sociaux – et, fait relativement nouveau pour l’époque, les deux auteurs choisissent de placer l’action à l’époque contemporaine, surtout, Madrid et Paris apparaissent en toile de fond. L’intention morale commune est clairement annoncée : il s’agit de rendre horrible le vice, et de critiquer les maux, les carences de la société, tout en tentant de proposer des remèdes. On renverra le lecteur à l’article de Colette Rabaté, Wenceslao Ayguals de Izco : de « l’Eugène Sue espagnol » au « régénérateur » du roman national (Presses Sorbonne Nouvelle, 2001) : Lieux et personnages sont souvent stéréotypés. La gargote de la Tía Mantecas rappelle le « tapis-franc » du Lapin Blanc ou la taverne du Cœur Saignant des Mystères ; ces lieux sordides sont facilement associés au vice, au crime, à la corruption ; tout au contraire, les palais somptueux comme ceux de la Marquesa de Bellaflor ou d’Adrienne de Cardoville indiquent immédiatement le statut de leurs maîtres. La symbolique des patronymes est encore plus évidente : María est aussi Marquesa de Bellaflor et nous rappelle Fleur de Marie dans les Mystères ; toutes deux incarnent une vertu angélique. La Marquesa de Turbiasaguas, ancienne prostituée reconvertie, nous plonge en revanche dans un monde de débauche, de cupidité, ainsi que de nombreux personnages affublés de surnoms : citons par exemple la Chouette, l’Ogresse, Tortillard ou Bras-Rouge, ainsi que La Tía Mantecas, Curro el Desalmao, Patizambo. Le procédé d’animalisation souligne les vices des personnages : la Chouette est aussi comparée à un singe, Rodin le Jésuite est reconnaissable à son regard de vipère ; le noir Tomás est assimilé à une bête féroce et la tía Mantecas, obèse, est comparée à une oie. L’adéquation est parfaite entre le milieu social des personnages et leur langage : ainsi, dans le cabaret des Mystères, les protagonistes peu recommandables s’expriment en argot ; dans les romans d’Ayguals l’accent andalou ou l’usage d’une langue populaire et déformée sont souvent l’apanage des voleurs qui fréquentent l’estaminet de la tía Mantecas, à l’enseigne emblématique… Etc.

Comme Les Mystères de Paris, Marie l’Espagnole parut en livraison dans la presse – il fut même le tout premier roman feuilleton publié en Espagne.

Simon Sénez, relieur rue de la Fidélité à Paris, exerçait durant la période romantique.

Superbe exemplaire.