Librairie Pierre Saunier

Lettre autographe signée de Jules Laforgue à [J.-K. Hu˙smans]Lettre autographe signée de Jules Laforgue à [J.-K. Hu˙smans] Lettre autographe signée de Jules Laforgue à [J.-K. Hu˙smans]Lettre autographe signée de Jules Laforgue à [J.-K. Hu˙smans]

Laforgue (Jules).
Lettre autographe signée de Jules Laforgue à [J.-K. Hu˙smans]. Inédite.

Tarbes, Dimanche, (1885) ; 3 pages in-12, (111 x 178 mm).

5 000 €

On ne connaissait à ce jour aucune lettre de Laforgue à Huysmans.

Mon cher confrère, cet aimable et consciencieux billet de vous m’a ravi ! – j’enrageais encore parfois à l’idée de m’être bien niaisement hâté à me faire publier et colporter. Merci de m’avoir si sérieusement remonté dans ma dignité, qui est grande ; c’est pas peu qu’avoir distrait ce cher des Esseintes à un endroit si sensible ! Croyez bien que j’en suis fier comme il faut. Je vous enverrai avec un soin tout singulier mon Imitation de Notre-Dame la Lune à la fin du mois. C’est bien différent au premier abord des Complaintes – mais vous verrez.

Et puis j’espère qu’au premier hasard de votre milieu qui vous mènera bien à l’autre vous voudrez bien que nous causions des arts, mais de vous et de l’art comme deux bons augures qui devraient se rencontrer – avec l’assurance, vous le savez, de ma suave dilection pour votre art et votre intolérance très distinguée. Jules Laforgue.

Cette lettre, inédite, serait d’octobre 1885 selon Jean-Louis Debauve (Œuvres complètes de Jules Laforgue, Tome II, page 795) qui en signale l’existence par son passage en vente publique, en 1926, sans avoir jamais découvert, par la suite, aucun détail sur son contenu.

Laforgue a vraisemblablement écrit au moins deux ou trois lettres à Huysmans à la fin de 1885 ou au début de 1886 ajoute Debauve. Toujours d’après ce dernier, on ne connaît qu’une lettre de Huysmans à Laforgue, la longue et importante lettre datée de septembre 1885 (Op. cit.), à laquelle, justement, répond ici Laforgue.

Huysmans lui écrivait son admiration pour Les Complaintes et comment le livre l’avait insidieusement requis, avec ses horizons fuyant dans des brumes, ses épithètes suggestives ouvrant des échappées sur lesquelles on rêve, ses verbes fabriqués curieusement, ses vers bizarrement rimés où les pluriels baisent le singulier. (…) La Complainte des pianos – et de la bonne lune et bien d’autres qui sont véritablement de bonnes berceuses d’au-delà, de subtiles musiciennes qui vous hantent, une fois le livre fermé (…) cette mélancolique phrase qu’on se répète : que tristes sous la pluie, les trains de marchandises ! Ça a été un fin régal pour des Esseintes (…)