Librairie Pierre Saunier

Le Parnasse satyrique du sieur Theohhile (sic)Le Parnasse satyrique du sieur Theohhile (sic) Le Parnasse satyrique du sieur Theohhile (sic)Le Parnasse satyrique du sieur Theohhile (sic) Le Parnasse satyrique du sieur Theohhile (sic)Le Parnasse satyrique du sieur Theohhile (sic) Le Parnasse satyrique du sieur Theohhile (sic)Le Parnasse satyrique du sieur Theohhile (sic)

Viau (Théophile de).
Le Parnasse satyrique du sieur Theohhile (sic).

S. l, n. e, 1625 ; in-12, in-12, maroquin rouge, triples encadrements dorés sur les plats, filets sur les coupes, frises intérieures, dos à nerfs orné, tranches dorées (Trautz Bausonnet). 380 pp.

6 500 €

Troisième édition – rarissime – du livre le plus horrible que les siècles les plus payens et les plus desbordez enfantèrent jamais (Garassus, La doctrine curieuse, août 1623, p. 781) – les deux premières éditions sont connues à une dizaine d’exemplaires.

Bien que datée de 1622, l’édition originale du Parnasse satyrique parut sous le manteau en avril 1623. Elle rassemblait des pièces licencieuses en tout genre (sonnet, stance, ode, épigramme, charade) de divers auteurs passés ou présents.

Elle fut aussitôt suivie d’une seconde partie, La Quintessence satyrique, d’une dénonciation et d’un arrêt du Parlement (19 août 1623) qui expédiait au bûcher Théophile et ses livres, Pierre Berthelot à l’estranglement sur une potence et leurs compères Colletet et Fernicle au bannissement – à quoi s’ajoutait la prise de corps des imprimeurs … arrestation qui n’empêcha en rien, au lendemain du funeste arrêt, la parution d’une deuxième édition.

Cette troisième édition parut en 1625 pendant que Théophile était emprisonné à la Conciergerie dans le cachot alloué naguère à Ravaillac. Il en existe trois émissions dans lesquels, cette fois, son nom figure en vedette – probablement imprimées par les ennemis du poète qui cherchaient à influencer défavorablement l’opinion et à réveiller l’ardeur du parti ultra religieux (Lachèvre), le sieur Théophile étant devenu le bouc émissaire d’une croisade menée contre les libertins et les athéistes par le Jésuite Garassus :

Le Parnasse satyrique du sieur Theophile. / M.DC.XXV. 

Le Parnasse satyrique du sieur Thehhophile (sic) / M.DC.XXV. – nostre exemplaire.

Le Parnasse des Poètes satyriques ou Dernier Recueil des Vers picquans & gaillards de nostre temps par le sieur Theophile.

Ces trois nouvelles impressions fondent Le Parnasse avec La Quintessence – elles ont la même imposition (malgré des erreurs de paginations de l’une à l’autre) et le très réputé sonnet liminaire « je fais vœu desormais de ne f…tre qu’en cu » – seules l’italique et les ornements typographiques diffèrent. Enfin, les pièces signées dans les deux premières sont devenues anonymes (cf. F. Lachèvre, Procès de Théophile de Viau T1, 480-481).

Le Parnasse satyrique est sans doute, avec l’Angustinus, l’ouvrage qui eut au XVIIe siècle les plus grands retentissements littéraires (Librairie Paul Jammes, Libertins érudits, n°359, 1970).

Ex-libris P. Desq (vente de 1866), Bibliothèque J. Renard puis Robert Hoe. Il a aussi figuré à la vente Chaponay de 1869 (n°439).

Très bel exemplaire.